VIVRE NE SUFFIT PAS

 

Une pièce de

Jean-Mary PIERRE.

Synopsis

 

Anna et Loïc sont mariés depuis vingt ans. Anna a tout récemment guéri d’un cancer qui a failli l’emporter quelques mois auparavant. Pourtant, la maladie, et plus encore, la guérison, ont ébranlé le couple.  Renaissante, Anna est saisie par un vertigineux appétit de bonheur qu’elle ne pense pas pouvoir trouver dans l’étroitesse de son ancienne existence. Ne concevant toutefois pas de mener cette nouvelle vie sans Loïc, elle va alors placer son mari face à un choix redoutable.

Note de l'auteur 

Quand vivre ne suffit plus.

 

J’ai vu beaucoup de couples se remettre d’un cancer. Après de longs mois de noir combat, passés tête baissée, corps en glace et souffle coupé, le regard pointé en direction d’un horizon incertain : la guérison, soudain, vite suivie par un tumulte intérieur. On croyait être apaisé, voilà qu’on ne tient plus en place. Soudainement, vivre ne suffit plus, ou plutôt, vivre ne peut plus se concevoir que de façon intense.
Certains couples se renforcent, tissant de nouveaux liens venant se superposer à la trame de leur ancienne relation, quand d’autres volent en éclats à la vue des brèches que la lumière crue de la délivrance dévoile de façon amère dans la matière même du couple. 
La pièce présente un troisième scénario : après sa rémission, Anna ne veut pas quitter son mari, à qui elle ne reproche rien. Elle ne veut pas perdre ce qu’elle a mais souhaite s’offrir ce qui lui manque. Elle veut « tout », tout simplement. Elle veut vivre « plusieurs vies en une ». La maladie fait ici fonction d’accélérateur. Elle enflamme chez Anna le brasier du « droit au bonheur », dont le feu couve en chacun d’entre nous. Elle modifie le sens et interdit à jamais aux personnages de régresser vers leur état antérieur, les obligeant à avancer résolument entre nouvelle harmonie et chaos. 
Cette pièce est une histoire de vie, de désir et d’amour, d’amour réel ou fantasmé, de désir assouvi ou feint, de vie renouvelée ou condamnée. Anna chevauche la tempête en amazone fragile. Peut-elle recommencer à vivre en construisant un bonheur sur la douleur de l’autre ? Loïc l’aime et subit. Peut-il tirer son propre bonheur de son bonheur à elle ? 
Anna et Loïc nous entraînent sur le radeau de leur amour qui veut durer et qu’ils tentent de sauver, coûte que coûte, même en le maltraitant. 
Le voyage qu’ils entreprennent n’est autre que celui, éternel, du désir d’avoir mêlé à la peur de perdre.